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Dépendant de l’aide sociale parce qu’il est arrivé âgé en Suisse, il peine à voir son permis passer de F en B

Personne concernée (*prénom fictif): Ghazi*

Origine: syrienne

Statut: Permis B

Né en 1950 en Syrie, Ghazi* est médecin généraliste. Il arrive en Suisse en décembre 2014, et y demande l’asile en 2015. En 2016, Ghazi* reçoit une admission provisoire (permis F). Il est alors à l’aide sociale (barème inférieur) dispensée par l’Hospice général, et touche donc 451 CHF par mois en plus du paiement de son loyer et de son abonnement de transports publics. Bien qu’il postule dans toute la Suisse romande, Ghazi* n’essuie que des refus, car il est à présent à quelques mois de ses 65 ans et qu’il ne détient pas un permis de séjour stable.

En mars 2017, Ghazi* dépose une demande de rente vieillesse (art. 16 al. 1 LAVS). La Caisse cantonale genevoise de compensation (CCGC) lui refuse cette rente. Ghazi* fait opposition à cette décision, en arguant qu’il est arrivé à l’âge de 64 ans en Suisse et qu’il n’a ainsi pas eu l’occasion de travailler et de cotiser à l’AVS (art. 14 al. 2 LAVS). En décembre de la même année, la CCGC rend une décision sur opposition confirmant que Ghazi* ne peut prétendre à une rente AVS car même s’il avait eu un travail, il n’aurait matériellement pas pu comptabiliser plus de huit mois de cotisations personnelles (entre décembre 2014 et juillet 2015, date de son passage à l’âge de la retraite). Or, la LAVS exige un minimum de 11 mois de cotisation (art. 29 LAVS). Ghazi* n’a donc pas accès à l’AVS, mais il peut solliciter une demande de soutien auprès du Service des prestations complémentaires AVS/AI.

En janvier 2019, alors qu’il a séjourne en Suisse depuis 5 ans, Ghazi* dépose une demande de transformation de permis F en permis B. En juin 2021, le SEM annonce son intention de refuser la demande au prétexte que Ghazi* est dépendant de l’aide sociale et ne remplit donc pas la condition de l’intégration. La mandataire de Ghazi* répond au SEM en soulignant que dans le concept d’intégration, l’âge doit être pris en compte (art. 58a LEI), tout comme l’impossibilité d’exercer une activité lucrative, toujours en raison de son âge (art. 31 al. 5 OASA). En août 2021, Ghazi* reçoit finalement un permis de séjour B, alors qu’il a atteint l’âge de 71 ans.

Avec son permis B, Ghazi* n’est plus dépendant de l’Hospice général, mais il se trouve toujours à l’aide sociale. C’est le Service des prestations complémentaires (SPC) qui se charge de son dossier puisqu’il ne bénéficie pas de l’AVS. En 2025, lorsqu’il aura 10 ans de séjour en Suisse, il aura droit aux prestations complémentaires fédérales AVS. Il aura alors 75 ans. Ces prestations seront probablement un peu plus élevées que l’aide sociale actuelle, mais ne lui garantiront toujours pas l’indépendance financière.